Retours sur notre mois d'action!

Depuis le début du mois de décembre, nous avons organisé une série d’actions afin de lutter contre les mesures anti-jeunes du gouvernement. Voici le compte-rendu des faits. 

IL EST TEMPS DE DIRE STOP

Pour veiller à ce que les préoccupations des jeunes soient intégrées dans l’agenda politique, les Jeunes CSC accompagnés de leurs homologues flamands, les ACV Jongeren, ont tout d'abord organisé une semaine d’action pour dire stop à la précarité à vie, stop aux bas salaires.

Au printemps 2017, les Jeunes CSC et ACV Jongeren ont interrogé 2.000 jeunes lors de leur enquête nationale. La majorité des témoignages montrent que les jeunes éprouvent des difficultés à trouver un emploi stable. Une grande majorité d’entre eux rencontrent également des problèmes financiers en raison de dépenses trop élevées (s’ils habitent seuls par exemple) ou d’un revenu trop faible.

Un emploi stable et un revenu à part entière sont des conditions indispensables pour pouvoir se construire une vie indépendante. Nous constatons pourtant que le travail temporaire et l’intérim deviennent de plus en plus la norme. Nous, Jeunes CSC et ACV Jongeren, nous indignons que la déclaration de politique générale du premier ministre Charles Michel ne contienne aucune mesure pour lutter contre ces abus qualifiés de "dérives choquantes" par le ministre Peeters en 2017.

EN CHIFFRES

La précarité et la pauvreté des jeunes est préoccupante. Selon des chiffres de 2016 :

  • 21,2 % des jeunes de 18 à 24 ans en risque de pauvreté;
  • 40% des 18/34 ans vivent chez leurs parents;
  • Les jeunes de moins de 30 ans touchent un salaire 25% inférieur au salaire conventionnel pour les travailleurs. Entre 2006 et 2014, l’écart a augmenté de 3%.
  • près d’un tiers des jeunes travailleurs ont un contrat temporaire;
  • 43,8% des contrats intérims journaliers successifs se font chez le même employeur.

RENCONTRE AVEC KRIS PEETERS

Puisque nos valeurs et notre mission sont de veiller à ce que les préoccupations des jeunes soient prisent au sérieux, nous avons été reçu, lundi 27 novembre, par le Vice-Premier ministre et ministre de l’Emploi, Kris Peeters, à son cabinet. Nous avons pu aborder avec lui le sujet des jobs intérims, des starter jobs et des conditions de travail des jeunes. Nous en avons profité pour lui soumettre nos revendications principales : bénéficier d’un vrai salaire, d’un vrai statut et veiller à la limite dans le temps des contrats de travail intérimaire. Le ministre s’est montré ouvert à la discussion. Il compte sur le travail des partenaires sociaux pour avancer sur les différents points.

Le gouvernement s’apprête en effet à attaquer le salaire des jeunes en mettant en place une baisse du salaire brut pour les jeunes travailleurs avec peu d’expérience professionnelle entre 18 et 21 ans (réforme dite des « Starters Jobs »). Le Ministre Peeters nous a confirmé la compensation du salaire net pour que le salaire-poche mensuel soit garanti. Mais à l’heure actuelle, la baisse du salaire brut entraîne quand même une diminution du pécule de vacance et de la prime de fin d’année ainsi qu’une baisse des droits sociaux (pension et chômage).

Ainsi, par exemple, un jeune de 18 ans qui travaille un an dans la construction métallique, mécanique et électrique (CP 111.01 – occupant 11000 jeunes de moins de 21 ans) perd 147€ net de prime de fin d’année, 319€ net de pécule de vacance, 7,5€ par jour de maladie, 160€ par mois d’allocation de chômage et 160€ par mois le jour où il tombe au chômage. Pour l’employeur par contre, c’est plus de 5000€ par an d’économies par jeune travailleur.

Est-ce que la motivation et l’engagement de jeunes travailleurs talentueux vaut ce coût ? En effet, le Bureau du Plan prévoit que cette mesure ne va créer au maximum que 670 nouveaux jobs. Mais ce sont 42000 jeunes qui chaque année commencent à travailler entre 18 et 20 ans et qui pourraient être impactés par cette mesure.

En ce qui concerne les contrats, nous considérons que les contrats intérimaires successifs ne sont pas une perspective d’avenir et de stabilité pour les jeunes qui doivent de plus en plus passer par ce type de contrat. Quand 43,8% de ces contrats journaliers successifs se font chez le même employeur, cela montre que l’on devrait évoluer vers un contrat fixe, au minimum à durée déterminée. Nous proposons de limiter le recours aux contrats intérimaires successifs en construisant une sécurité de contrat progressive pour les travailleurs intérimaires. Après une semaine de travail en contrat journalier, le contrat suivant doit être d’une semaine. Après un mois en contrat à la semaine, le contrat suivant doit être d’un mois minimum, et ainsi de suite… Cette proposition permet de limiter les dérives de l’intérim à vie et d’évoluer assez rapidement vers une sécurité d’emploi pour les jeunes avec de vrais contrats.

Nous avons également appelé les employeurs à signer notre charte d’engagement visant concrètement à travailler ensemble pour la limitation des contrats précaires et la nature des salaires décents. Ce qui est bon pour les jeunes, pour la société et pour les entreprises, c’est un salaire satisfaisant et un bon contrat.

ACTION D'INTERPÉLLATION PUBLIQUE

Le samedi 2 décembre, à la Gare Centrale, nous nous sommes rassemblés pour une action médiatique afin d'interpeller l’opinion publique. La jeunesse pouvait dans les faits se préparer d’une part à un avenir toujours plus flexible lors d’une séance de yoga. De l’autre, s’essayer, rattaché à un élastique, à décrocher un contrat fixe fictif, de plus en plus compliqué à atteindre

#TOUDICOUILLONNÉS

​Enfin, pour terminer, le vendredi 15 décembre, dans le cadre de notre campagne #Toudicouillonnés, nous avons rencontré le Vice-Président et Ministre de l'Économie, de l'Industrie, de la Recherche, de l'Innovation, du Numérique, de l'Emploi et de la Formation du gouvernement Wallon, Pierre-Yves Jeholet pour aborder avec lui la problématique des minima salariaux insuffisants. Un dossier compliqué, qualifié par le ministre lui-même comme une tarte à la crème du Politique. Si celui-ci reste ouvert au débat, prêt à analyser plus en profondeur le dossier et à creuser les différents volets (salaire, primes, responsabilisation des entreprises dans le respect des normes), il n'a pour autant pas souhaité prendre d'engagements réels relatifs à nos revendications concrètes. On se reverra dès lors certainement dans quelques mois pour faire le point, mais nous, dans l'état, nous continuerons à mobiliser nos jeunes apprentis pour un salaire satisfaisant, un tutorat et un accompagnement de qualité !

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