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C’est avec une grande joie que j’ai appris il y a quelques mois que j‘ai été choisie pour accompagner la délégation de Liège à Ouagadougou, chez nos confrères de la Confédération Nationale des Travailleurs Burkinabé (CNTB).
En effet, cela fait presque trois ans que j’ennuie tout le monde avec mon cyber par-ci, mon cyber par-là ! Enfin, on a bouclé le projet!
C’est pour officialiser tout ça avec les Jeunes de Ouaga (pour les intimes) qu’on m’envoie passer plusieurs heures dans l’avion, départ de Paris, le brouillard en prime et ma valise trop lourde comme d’hab! J’ai pris tout mon maquillage. Elle a failli pas passer.
J’ai de la chance, je suis installée côté hublot. Dès notre arrivée, nous sommes accueillis par plein de monde heureux de nous voir. On nous emmène à l’hôtel, le temps de poser nos affaires et là, oh merveille! Une piscine, des chambres climatisées, le carrelage qui brille et des jeunes hommes bien sous tout rapport pour nous ouvrir la porte. Ce n’est que le début. On va nous gâter. Un petit tour de la ville, juste pour constater que c’est une belle, une très belle capitale et le dîner dehors, avec orchestre et bananes plantains.
Mais je suis là pour bosser. Donc le lendemain, après la visite des locaux de la CNTB, on part pour le désert du Sahel. Quelques kilomètres de pistes plus tard, seulement 5 heures de route dans une jeep, on arrive dans le village de Gorum Gorum. En fait, c’est une ville mais je parle belge, donc mes conventions sont bouleversées. Il y a de l’électricité dans quelques endroits, et les huttes sont devenues des maisons. Nous sommes là pour accompagner Nicolas qui met en place une section syndicale. En quelques heures je comprends que je serai la seule femme parmi une soixantaine d’hommes de l’ethnie peule, musulmans de surcroit. Ce sont des agriculteurs, des éleveurs et de petits commerçants qui veulent améliorer leurs conditions de vie. Et bien, ils m’ont traitée comme une princesse. J’ai vraiment eu de la chance de rencontrer des hommes tels qu’eux. Il y avait quelques jeunes dans l’assemblée qui sont tout aussi motivés pour faire évoluer leur environnement. Je cois qu’il est temps qu’on prenne exemple sur eux.
De retour, nous croisons toujours des hommes et des femmes, qui viennent de nulle part et qui semblent aller nulle part. Après ces questions métaphysiques sur la condition humaine, laissez-moi vous parler de la bière: tant que vous voulez, de toute façon, l’eau n’est pas potable. Comme la vie est bien faite, elles contiennent 65cl et sont souvent légères. Elles se boivent donc comme de l’eau. Les pauses bières sont primordiales pour garder la forme, se ressourcer et garder la jeunesse de votre corps et de votre esprit. Je vous invite donc à considérer tout l’intérêt de la Brakina, de la Flag ou de la Sobbra.
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Le lendemain, de nouveau 5 heures de route. Pas de piste ici quel dommage! Nous arrivons, le soir tombé, dans une région plus verte que le Sahel. Banfora bénéficie de plusieurs grosses industries, dont celle de la canne à sucre. Et quels produits sort-on de la canne à sucre ?
Je ne le dirai pas.
Encore une fois, je suis gâtée, les gens sont charmants, accueillants, souriants et gentils avec moi. Je crois que le Burkina Faso est un des pays les plus riches. Rien que pour ça. La grosse journée débute le lendemain dès l’aube. « Je me présente, je suis Claude, militante des Jeunes CSC de Liège en Belgique, un petit pays au-dessus de la France » encore et encore et encore. Nous écoutons les situations socio-économiques des différents interlocuteurs et on se demande comment on fait, nous, pour ne pas avoir de gouvernement ? Ils ont de VRAIS problèmes, ils ne jouent pas à qui parle français ou une autre langue, EUX. A la fin d’une réunion, on nous demande tout de même si notre pays va finir par exploser. Félicitations les gars, la Belgique est ridicule jusqu’au fin fond de l’Afrique.
Le mercredi, on rencontre les fondeurs de bronze et les artisans du bois. Impressionnant! La situation économique est tellement précaire qu’il est risqué de modifier ne serait-ce qu’un seul facteur. Ils construisent des meubles, des lits, des jeux de kicker, rien qu’à la force du poignet, dans des conditions de sécurité que personne n’accepterait ici.
L’après-midi, détente, avec une pièce de théâtre par une compagnie bénévole, langue locale, dans un village près de la capitale. Le thème est la mutualité. Ceci est une bonne préparation à la visite du jeudi matin: l’ambassadeur de Belgique. Celui-ci nous rassure, notre pays n’a pas encore éclaté. La rencontre avec les enseignants, c’est autre chose. La partie commence. Comment rénover tout le système scolaire d’un pays? Il faut des moyens (tiens, j’ai déjà entendu ça), il faut de l’argent.
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Vendredi, le grand jour est arrivé, panique à bord, les femmes et les enfants d’abord, je suis dans la mouise.
Il semble que les gars de ma délégation aient vraiment l’intention de me laisser chez le Roi Coutumier du Burkina Faso, le Moronaba. Je ne fais plus la maligne quand on annonce à un des ministres que le cadeau, autrement dit, moi, est arrivé, une petite nouvelle concubine pour mettre dans sa collection. Je marche la tête basse en espérant que personne ne s’apercevra que je suis là, mais au milieu de messieurs, une jeune de 26 ans ne passe pas inaperçue. Coup de bol, Roger, Eric, Vincent, Alain et Albert ont pitié de moi, ils décident de me garder.
Et ils ont bien fait, notre cher Ministre Coutumier décide gentiment de nous inviter chez lui. C’est trop d’honneur et nous y allons avec plaisir. Dans une petite pièce, les trois femmes du ministre nous amènent des plats et c’est là que je deviens enfin utile. On m’invite à servir les hommes en tant qu’invitée étrangère. Ca fait longtemps que je n’ai plus eu l’occasion de jouer à la dînette donc je découvre les plats avec entrain. C’est lorsque j’arrive à la pintade que je déchante : « Qui veut une aile ? » Sauf que l’aile, attachée au reste, tête, pattes, boyaux, ne vient pas. J’ai failli croire que j’étais utile, tant pis, je me contenterai d’essayer d’avoir l’air intelligent pour le reste de la journée.
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