STARTERS JOBS : Retardement de l’âge de la sortie d’étude avant d’entrer dans la file d’attente

8. Retardement de l’âge de la sortie d’étude avant d’entrer dans la file d’attente…

Qu’est-ce qui fait que le taux de chômage des jeunes est plus élevé ? Il l’est particulièrement chez les plus jeunes (18-21 ans) et chez les peu qualifiés. Les jeunes de 18-21 ans qui ont quitté le système éducatif sont surtout pénalisés car ils sont peu qualifiés, tout comme le reste du public peu qualifié, qu’ils soient issus de la migration ou éloignés de l’emploi. Les jeunes de moins de 25 ans au niveau d’étude élevé ont d’ailleurs en 2015 un taux de chômage plus faible que celui de toute la population peu qualifiée (14,7% contre 17,0%). Les peu qualifiés de moins de 25 ans sont eux à 40,0% de taux de chômage, bien loin des 18,9% des jeunes au niveau d’étude moyen.

En 2015, 44,15% des jeunes de 18 à 20 ans s’inscrivant au Forem en stage d’insertion n’ont pas le diplôme du secondaire. Mais 48,65% d’entre eux sortent avec le diplôme du secondaire supérieur et 4,60% après une formation en alternance. Ceux-ci seront malgré une insertion moins difficile à l’emploi également frappé par un salaire inférieur. Victimes collatérales d’une politique aveugle…

Si on compare les chiffres d’inscription au Forem entre 2013 et 2015, les jeunes de 18 à 20 ans subissent une chute de 25%. Ils ne sont plus que 11.017 wallons à s’y être inscrit à la sortie des études contre 14.701 en 2013 (chute de 3.684 unités). 3 possibilités d’analyse sont possibles : soit ils ont trouvé un emploi et ne s’inscrivent pas au Forem (peu probable) ; soit ils continuent leurs études ; soit ils font partie des exclus suite à la mesure de restrictions d’accès aux allocations d’insertion pour les jeunes de moins de 21 ans sans diplôme prise en janvier 2015. C’est préoccupant. Le taux de décrochage scolaire a t’il diminué ?

Finalement, n’oublions pas que le taux de chômage d’une catégorie de la population n’est pas indépendant de la politique générale de l’emploi. Avec l’allongement général des carrières via la suppression des prépensions et le recul à 67 ans de l’âge de la retraite, le nombre de places libérées chaque année dans les entreprises publiques et privées diminue d’année en année. Cela impacte évidemment l’entrée dans le monde du travail des personnes qui n’y sont pas encore, essentiellement les jeunes. Cela créé donc une file d’attente qui mène à plusieurs phénomènes : d’abord l’acceptation des contrats précaires (amplifiée par le démantèlement de l’accès à la sécurité sociale) et le retardement de la durée des études.


  1. Qu'est-ce que les starters jobs ?
  2. Discrimination envers les jeunes des filières techniques
  3. Impact sur les droits en sécurité sociale : l’exemple des allocations-chômage
  4. Le jeune travailleur, moins productif ?
  5. Effet négatif du salaire minimum sur l’emploi ?
  6. Et les aspects non-économiques dans la productivité ?
  7. Des réalités différentes par secteurs ou selon la qualification initiale
  8. Retardement de l’âge de la sortie d’étude avant d’entrer dans la file d’attente...

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