STARTERS JOBS : Impact sur les droits en sécurité sociale

3. Impact sur les droits en sécurité sociale : l’exemple des allocations-chômage

« Pas ou peu d’impact sur le chômage », selon le gouvernement. Quand on diminue le salaire brut d’un travailleur, on impacte également les montants de son droit au chômage quand il a eu la chance de travailler 12 mois à temps plein pour ouvrir précisément ce droit. A une interpellation au Parlement de Georges Gilkinet (Ecolo) à ce sujet, le ministre Peeters a prétendu que l’impact serait nul ou faible grâce aux montants minimums des allocations de chômage. Faux, évidemment. Pendant les 3 premiers mois de chômage, les travailleurs touchent 65% de leur dernier salaire, et 60% pendant les 9 mois suivants. Seuls les jeunes qui auront une charge de famille ne perdront pas d’allocations suite à la baisse de leur salaire, ils toucheront de toute façon le seuil minimum de 1180 euros. Les isolés également seront peu impactés, ils perdront maximum 5 euros par mois. Mais les demandeurs d’emploi indemnisé au statut cohabitant perdront de 165 à 180 euros par mois s’ils ont 18 ans, de 110 à 120 euros par mois s’ils ont 19 ans et de 55 à 60 euros par mois s’ils ont 20 ans pendant leur première année de chômage. Pour plus 50% des jeunes, cette mesure est donc également une grosse perte de revenus si, malheureusement, ils tombaient au chômage.

Avec sa mesure sur les starters jobs, le gouvernement continue à bafouer la concertation sociale. En effet, le 28 mars 2013, les organisations syndicales et patronales décidaient de supprimer progressivement à l’horizon 2015 la discrimination salariale des jeunes travailleurs de 18, 19 et 20 ans en signant la CCT 50 bis, décidant que ces travailleurs accédaient ainsi au salaire minimum interprofessionnel (le RMMMG) relevant de la CCT 43. Malheureusement, les travailleurs de 16 et 17 ans restaient discriminés, ainsi que les étudiants de 16 à 21 ans, faute d’accord. En 2015, les jeunes travailleurs majeurs accédaient enfin au salaire minimum, après 25 ans de combat syndical. Dans la hiérarchie des normes belges, les conventions conclues au sein du Conseil national du Travail (CNT) arrive juste en dessous des lois et des arrêtés royaux. Elles sont remises en question par un signataire (employeur ou syndicat) ce qui mène à une renégociation au CNT. Ici, le gouvernement a décidé tout seul de réinstaurer une discrimination supprimée par un des derniers accords des partenaires sociaux.


  1. Qu'est-ce que les starters jobs ?
  2. Discrimination envers les jeunes des filières techniques
  3. Impact sur les droits en sécurité sociale : l’exemple des allocations-chômage
  4. Le jeune travailleur, moins productif ?
  5. Effet négatif du salaire minimum sur l’emploi ?
  6. Et les aspects non-économiques dans la productivité ?
  7. Des réalités différentes par secteurs ou selon la qualification initiale
  8. Retardement de l’âge de la sortie d’étude avant d’entrer dans la file d’attente...

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