Après le gouvernement, c’est la FEB qui attaque la jeunesse !

Ce matin, le journal « Le Soir » a publié un article, « le chômage des jeunes à 15% pour 2018 », offrant une tribune importante à Pieter Timmermans, administrateur délégué de la FEB. Du point de vue patronal, le constat est clair : « il y a des dizaines de milliers de jeunes qui sont au chômage et, dans le même temps 83 000 emplois vacants ». Un raccourci erroné quand on reprend les chiffres du chômage qui estiment le nombre de demandeurs d’emploi indemnisés à 562 417 pour le mois d’août 2015. Soit un emploi disponible pour 7 demandeurs d’emploi. Un chiffre encore sous-estimé si on y ajoute les jeunes en stage d’insertion et les personnes privées d’allocations de chômage et d’insertion.

Vous avez dit 83 000 emplois vacants? En parcourant les sites internet du Forem et de Actiris, nous constatons que le travail proposé offre souvent des perspectives précaires : 13h/semaine, horaires coupés, CDD, intérim, plans d’embauche, etc.

Les Jeunes CSC encouragent la FEB à se concentrer sur la création d’emplois, plutôt que sur des démarches idéologiquement dangereuses qui visent d’une part, à marchandiser l’enseignement et d’autre part, à faire porter la responsabilité du manque d’emploi sur les épaules du jeune demandeur d’emploi.         
En effet, la FEB organise en ce moment un rassemblement avec plus de 2000 jeunes au Heysel afin de leur présenter des propositions telles que de meilleures collaborations entre l’école et l’entreprise, l’activation renforcée des chômeurs, la valorisation de la période d’essai, etc.

 

Derrière ces propositions, Monsieur FEB défend une adéquation entre les besoins de l’entreprise et la formation donnée aux futurs travailleurs. En somme, créer une école au service de l’entreprise. Ne nous y trompons pas, l’école a une mission de service public : former des citoyens et leur donner les compétences afin d’exercer un métier. Si l’entreprise a des besoins spécifiques en termes de formation, ce ne devrait pas être aux frais de la collectivité, comme cela se fait actuellement entre autres, par le biais des stages de transition en entreprise, financés à hauteur de 200 € par celle-ci (le reste étant payé par les caisses de sécurité sociale) ou par le biais d’autres mécanismes fiscaux, comme le tax shift, qui octroie des diminutions de cotisations patronales sans aucune garantie de création d’emplois. Un joli cadeau financier sans contrepartie donc.

Dans un autre registre, Pieter Timmermans propose de multiplier les moyens contraignants en vue de favoriser une plus grande disponibilité de la jeunesse sur le marché du travail. Dans un contexte où, chaque année, des dizaines de milliers de jeunes seront privés d’allocations d’insertion (nouvelles mesures du gouvernement Michel) avec un renforcement des contrôles, et où les stages et les petits boulots précaires ont remplacé une réelle perspective d’emploi stable et décent, il est inacceptable de cautionner un tel discours de la part de la FEB.

 

La jeunesse est aujourd’hui attaquée de toute part : par les entreprises qui demandent une flexibilité accrue (salaire minimum, horaire décalé, stages en entreprise, mobilité géographique) et une adaptabilité du jeune aux besoins techniques de l’entreprise (sans avoir la volonté d’investir le moindre euro dans sa formation); mais aussi  par le gouvernement (restriction des conditions d’accès aux allocations d’insertion, réduction de 50 % de l’Allocation de Garantie de Revenu qui touche massivement  les jeunes et les femmes travaillant à temps partiel, ….).

Dans une telle perspective, il est irresponsable et indécent de pointer la jeunesse ou sa formation initiale, comme l’unique élément tributaire d’une quelconque pénurie de l’emploi.    

Les Jeunes CSC appellent le gouvernement et la FEB à prendre leurs responsabilités : les cadeaux fiscaux offerts aux entreprises par le gouvernement (tax shift) ne garantissent pas la création d’emplois. L’heure est au bilan : la création d’emplois durables est la seule alternative aux conditions économiques actuelles. Ces mesures antisociales et anti-jeunes sont inefficaces d’un point de vue économique, injustes socialement et dangereuses pour notre démocratie !

Le gouvernement martèle à tue-tête « JOBS, JOBS, JOBS, etc » si telle est la réelle priorité de la FEB, nous l’invitons à utiliser les injustes cadeaux financiers que le gouvernement vient de lui faire via le tax shift pour créer des emplois pour les jeunes.

Personne de contact:  Ludovic Voet (responsable national Jeunes CSC) 0495 73 33 11

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